[La prière de l'absent]

Une missive en hommage aux victimes d ici et d ailleurs de la folie humaine s imposante, et une tendre pensée à nos frères Belges..Paix <3

Il y’a ces enfants,
Il y’a ces mères,
Il y’a ces larmes,
Il y’a vous, il y’a moi,
Et ces âmes endeuillées par un chagrin enraciné.

En prière de l’absence ces larmes s’exprimaient…

Des dattiers d’espoir, des oasis de retrouvailles,
Des rêves d’enfants brisés.

Vint cette frappe, cette brisure,
cette lumière aveuglante,
mais pas celle venue d’en haut,
une lumière au couleur de feu,
gifflante, barbante, blessante,
meurtrière,
lumière de guerre,
Lumière de délire, d’égarement, de démence.

Folie meurtrière,
Ces enfants venaient de nous quitter,
Accompagnés de ces femmes, de ces vieux,
de ces pères et mères,
on les pleurait et eux ils partaient…

Ces voyageurs prenaient un billet sans retour,
Un départ improvisé, une foudre versée,
Sur leur avenir enchanté.
Et voilà leurs projets doublés par ces givrés,
ces dictateurs de la pensée,
Ces insensés…

Au nom de quoi il nous tuaient,
Au nom de quoi ils nous les prenaient…

Ils déformaient, biaisaient,
ce public accablé par des blessures répétées,
qu’il en amalgamait.

Perdu, retranché, il jugeait,
pensant bien faire, il montrait de ce doigt accablé,
des coupables présumés…

En prière de l’absent pour ces enfants,
arrachés à la fleur du dessein,
fleur de l’âge, d’un âge plein d’entrains ;
Pour eux je crachais ce billet,
Cette missive alarmante,
d’un voyage improvisé, non décidé.

Je pleurais et eux ils partaient….
Depuis leur sépulcre ils me dirent,
Ecris et continue de crier,
Ne laisse pas tes larmes te noyer,
Seul l’encre de ta colère doit s’exprimer.

Offre nous cette fois un billet mais avec un retour,
vers la sécurité, de nos semblables encore éveillés,
vivant un semblant de sérénité.

Ils cachent leur peur dans leur psyché,
et pleurent endeuillés ceux qu’ils aimaient…

En prière de l’absent je pleure ces délogés,
En prière du présent je prie ces rescapés,
De bien vouloir rester en vie et non en survie…

Les larmes coulées, les vies brisées,
les enfants kidnappés à leur projet,
ces dattiers arrachés, ces oasis asséchés,
il nous reste nos mots, pour crier,
S’indigner, prier, et pleurer…

© Moustapha Chein ( Copyright France)

23 Mars 2016.

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