[Au delà du rocher]

 

Au delà du rocher il y a nos rêves,
Nos songes, notre dessein.

Au-delà du rocher il y a nous,
en projet crachés, en image projetés.
Au-delà du rocher il y’a nos peurs par les rocs cachés.

Au-delà du rocher, il y’a cette marrée :

Elle transporte nos œuvres dérobées,
Nous poussant à nous surpasser,
A nous retourner,
A visualiser au-delà du rocher,
Braver, courir, crier,
Ecrire ces peines cachées,
Dessiner, dire, plaindre, plaider,
Cet amour renvoyé,
De nos cœurs, nos vies, notre psyché.

Au-delà de la roche,

Il y’a lui, elle, vous, moi,
Qui nous sommes ?

Nous sommes pierre, varappe et étoc,
Résistants à ces briseurs de rêves,
Ces pyrrhoniens non enchantés,
Ces désinvoltes, au désespoir abandonnés.

Nous sommes rocher,
Et à l’au delà nos rêves sont gravés,
Notre encre coule à travers ce ruisseau,
transporte avec lui nos souhaits d’enfants,
les porte bravement et à l’au-delà il congèle,
Coagule et devient cailloux,
mais pas fou,
pas du tout.
Juste silex,
Résistants à ces martyrisés,
Aux songes éreintés,
Reflex,
survie et intuition,
devant les S.O.S valeureux stoïques.

L’eau nous pique, son froid nous gèle,
Mais au-delà notre visée piquée.

Nous ne sommes pas blessés,
Juste expérimentés,
Pourchassés parfois par le désespoir,
en habit noir il veut en nous,
achever son oeuvre,
initiée par la mélancolie
de certains désenchantés.

En espoir on s’en défait,
Et en espérance on s’habille,
Pour qu’au-delà, notre arrivée,
Ne soit pas chute d’eau.
D’un cours d’eau à la routine habitué,
jusqu’à ce que des songe-creux,
viennent l’offenser, le stopper,
le boire et le dominer.

Qui vous êtes ?

Nous sommes espoir, espérance, demain,
Au-delà du rocher on t’attendait, on se préparait,
à t’affronter, te stopper,
te laisser transporter nos peurs, nos doutes,
et uniquement.
Nous laisser pour toutes,
les autres œuvres dérobées, récupérer,
Et réparer.
Recoudre, ces brisures, ces détritus,
ces griffures et rêver…

Quant à moi logé à l’au-delà de la montagne,
J’attendais cette encre coulée, transformée en tableau dérobé,
jusqu’à ce que le cours d eau vienne à moi
et que je me mette à le dessiner.

Je l’ai congelé sur une toile huilée
Et,
Je recommencerai…

Au-delà du rocher.

© [Moustapha Chein]

Février 2016.

Peinture de : Régine Le Maout Rlm​

12654297_1708837719330191_6137550867087418555_n

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»